Mon afrique,ma Côte d'Ivoire,San Pedro...
C'est bien plus que des souvenirs,ce ne sont pas que des images jaunies du passé
Bien loin et si proche,je la ressens,je la respire,je la vis comme si je ne l'avais jamais quittée.
Mes pensées divaguent,s'enchaînent,se perdent.
Là,les pagnes aux couleurs criardes qui servent de hamacs aux petits dans le dos de leurs mères.
Ici,les vendeurs ambulants "boissons-glaces fraîches-pépitos"! le long des plages.
Au bout,le marché aux poissons,ses redoutables vendeuses accroupies par terre apostrophant la foule de badauds :"bon poisson frais!ici,moins cher!poisson acheté,poisson cadeau!
Et des enfants courant de partout,pieds nus,heureux,jouant avec trois fois
rien,de la récupération qu'ils ont sû détourner.
Et à côté,les pirogues,fiers navires de bois multicolores dansant au rythme des vagues.
oh,tiens,voilà les woros-woros,sur les galeries,régiments de bananes,cabris,sacs,cartons,matelas et poulets forment un monticule impressionant et assourdissant.Avant d'arriver à
destination,prévoir
quelques péripéties!
Mais bon, comme il est si bien écrit à l'arrière ,"s'en fout la mort!"
Je continue mon chemin sur ces pistes de latérite rouge..
Hop,un petit détour chez ma marchande d'allocos,100 frs cfa et je savoures mes bouts de bananes plantain emballés dans une feuille de bananier,c'est chaud,ça fond dans la
bouche,c'est un délice!
Au fait,j'ai un peu de piar,et si j'allais faire la "salutation"aux artisans du coin?Bijoutiers,ébénistes,couturiers se côtoient dans des échoppes pittoresques et bringuebalantes où on ne
s'imagine pas à quel point ils peuvent faire des merveilles avec des outils raffistolés.
Il est cinq heures,bientôt la nuit,sur la terrasse,les moustiques attaquent,les premières tarentes courent sur les murs décraîpis,les sons envoûtants de la brousse me bercent...Au loin,les
djembés frappent,invitent à la fête.
J'attends le coucher du soleil,inégalable coucher de soleil africain,il enveloppe le ciel et les arbres de son châtoiement,rouge,rosé,orangé,c'est le spectacle de chaque fin de journée,c'est mon
moment d
e sérénité...
Le temps ne compte pas ici,la nuit africaine est longue et regorge de surprises.
Tiens,et si j'allais faire un tour du côté des maquis?Je ne sais où donner de la tête,les odeurs de poulet braisé,les musiques de mapouka ,n'dombolo et autres coupé-décalé qui s'entremêlent dans
un joyeux tohu-bohu,les rires,les bouteilles de bière qui s'entrechoquent,les palabres atténués par le crépitement des braises de barbecues façon-façon,vite,il faut que je me pose!
Psst!ma fille,apporte la flag bien tapée,poulet kédjénou et attiéké!
Il fait chaud,il fait bon parler nuschi...Allez,assez palabrer!je dois alléger mon estomac!
C'est parti pour le tour des boîtes de nuit typiques.Avant de m'enfoncer dans ces lieux de perversion,halte chez le diallo du coin,un paquet de chewing-gum hollywood,des mimos et les malboro
locales,me voilà parée!
discussion bréve avec le videur,"ça va bien ou kwa?""kakénié,merci" et je m'engouffre dans la boîte..
La musique africaine me prend de plein fouet,les filles de la nuit me dévisagent,l'ambiance est contagieuse,le bar est pris d'assaut par les hommes et les "toutous" les rejoignent pour se faire
payer un verre.
Sur la piste,démonstrations de danses en tous genres,kpakpato contre bris sur les rythmes endiablés,soukoussez moi tout ça!
Il se fait tard,l'aurore approche,je suis fatiguée mais enivrée.
Au ronflement du climatiseur,je m'endors.Dans ma tête,le martélement incessant des musiques africaines et dans mes rêves,l'excitation de recommencer une nouvelle journée africaine et la sensation
de revivre intensément. Afrique,où que j'ailles,mon coeur est rempli de toi!
magali favarel.Toute reproduction même partielle est formellement interdite
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